Le rapport d'initiative de Roberta Anastase (PPE-DE, RO) sur la région de la mer Noire, adopté par 581 voix pour, 19 contre et 17 abstentions, fait écho à la communication de la Commission sur la “synergie de la mer Noire“. Les députés regrettent le manque de progrès enregistrés depuis la dernière communication de ce type, qui remonte à 1997. Ils appellent donc à la mise en place d'une “véritable dimension régionale adaptée à cet espace“, fondée sur des “propositions concrètes pour favoriser la coopération régionale“. Il est souligné l’importance d'associer la Russie et la Turquie aux efforts de coopération régionale et de créer une zone de libre échange dans la région.
Le Parlement apporte son soutien au doublement des ressources financières à destination des projets transfrontaliers dans le cadre de l’instrument européen de voisinage et de partenariat, et liste une série de domaines prioritaires pour lesquels la coopération apparaît nécessaire. Celle-ci inclut notamment le rôle de l’UE dans la résolution des conflits dans la région, la création de “nouvelles infrastructures et de nouveaux couloirs de transports viables“ pour l’énergie, ainsi que la lutte contre les problèmes environnementaux, notamment en mer Noire et dans le delta du Danube.
Le Caucase du Sud
Le rapport de Lydie Polfer (ADLE, LU) sur le Caucase du Sud, adopté par 567 voix pour, 25 contre, et 23 abstentions, insiste sur l’importance d'une approche différenciée pour les trois pays de la région et demande en conséquence à la Commission de ne pas “ignorer les spécificités d'aucun de ces trois Etats“. Il est aussi demandé à la Commission de mener une étude de faisabilité afin dévaluer la possibilité de conclure un accord de libre échange avec la Géorgie et l’Arménie. Le PE affirme également l’importance qu'il accorde aux projets de couloirs énergétiques à travers la Caspienne du fait des perspectives de développement économique pour la région et d'amélioration de “la sûreté, de la sécurité et de la diversification des approvisionnements énergétiques et des systèmes de transit depuis l’Azerbaïdjan et le bassin de la Caspienne jusqu'au marché de l’UE“.
Les députés soulignent la nécessité de soutenir et de renforcer la société civile, de développer les contacts de population à population, et incite notamment tous les pays “d'accroître la représentation de l’opposition parlementaire au sein de leurs délégations aux Commissions de coopération parlementaire“ avec le PE.
Tout en se réjouissant des réformes entreprises, les parlementaires souhaitent “des efforts supplémentaires dans l’établissement d'une justice indépendante, dans l’encouragement de réformes dans les secteurs de la police, de la fonction publique et du gouvernement local, dans la lutte contre la corruption et dans l’épanouissement d'une société civile“ en Arménie. En ce qui concerne l’Azerbaïdjan, ils se disent préoccupés par “la dégradation de la situation des droits de l’homme et de la liberté des médias“.
Bien qu'ils réitèrent leur “vive préoccupation“ suite à la “brutale répression policière de manifestations pacifiques“ de novembre 2007 en Géorgie, les députés se félicitent de la tenue d'élections “réellement ouvertes“ le 5 janvier dernier suite à l’évaluation globalement positive de la mission d'observation électorale internationale. Toutefois, ils demandent aux autorités géorgiennes de “traiter d'urgence“ les “importants problèmes“ et les “lacunes“ mis à jour par la mission d'observation, et ce “avant la tenue des élections législatives du printemps 2008“.
Conflits gelés
La question des conflits gelés dans la région préoccupe aussi les députés qui “rejettent toute tentative de puissances extérieures visant à créer des sphères d'influence exclusives“ et invitent les Etats de la région à “cesser d'augmenter leurs dépenses militaires“. Ils confirment leur “soutien inconditionnel à l’intégrité territoriale et à l’inviolabilité des frontières de la Géorgie reconnues internationalement“, et estiment “qu'un nouveau retard dans le règlement du conflit au Haut Karabakh ne profitera à aucune des deux parties concernées“. Enfin, la Turquie est invitée “à déployer d'authentiques efforts approfondis en vue du règlement de tous les litiges qui persistent avec ses voisins (...) notamment en admettant une discussion franche et ouverte sur les événements du passé“. Afin de “favoriser la compréhension mutuelle et de permettre un traitement en profondeur des problèmes de la région“, le PE demande à la Commission d'œuvrer pour le rapprochement des ONG et des sociétés civiles des trois pays du Caucase du Sud.